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Forum de RP mêlant une ambiance futuriste et un vaste continent moyenâgeux

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Voir le sujet précédent Une rencontre qui ne s'oublie pas [Ileivàn - Terminée] Voir le sujet suivant

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Comment ça tourner aussi mal ? Comment il peut dire ça ? Ralala...encore un qui parle sans savoir ! Il faut dire aussi que je ne l'ai pas aidé à penser le contraire ...mais tout de même il y a des choses que l'on garde pour soit.... Je ne fis aucun commentaire ne voulant pas agrémenter un autre sujet de conversation avec cet ours des forêts. Je préférais largement le silence qui me permettais de me concentrer sur les affaires que j'avais en cours à la cité. Ici, ce n'était qu'une illusion belle mais dangereuse...Il ne fallait pas oublier notre véritable vie, celle où on a des responsabilités et j'ose espérer que mon frère pense à ses travaux scolaires !Mare de recevoir une télécommunication d'un de ses profs pour me sermonner sur son manque de discipline et d'ardeur...Il font semblant d'être compréhensifs... ils argumentent que cela ne doit pas être tâche facile de l'éduquer surtout qu'en ce moment c'est un âge difficile mais ...alors qu'est ce qu'ils ont à me sermonner comme si c'était ma faute qu'il n'en foute pas une à l'école ! ce n'est pas mon avenir.Moi je lui ai dit que s'il voulait réussir et avoir assez d'argent pour faire autant de voyage qu'il souhaite il doit avoir un bon job et pour cela qu'une seule solution : travailler avec efficacité et intelligence !

Je suis sûr que je me mets les doigts dans l’œil...Mon frère doit être en train de s'amuser de tout son soul alors que je suis en train de marcher je ne sais dans quelle direction avec un probable psychopathe !

Lorsqu'il fit le geste je regardais déjà le serpent ébahis et craintif ..Un peu plus et je ne le vit pas se stopper. Heureusement que je m'arrêtai avant. Je n'avais pas envie de lui rentrer dedans. Alors que nous entamions le détour je ne pus me détourner de l'animal . Il me fallait me le graver dans ma mémoire pour pouvoir le dessiner afin de le montrer à mon frère. Oh bien sûr je ne suis pas fou, pas question que je m'approche et je suivis exactement le chasseur qui en savait plus que moi sur ce genre de choses.

Jusqu'à que le géant décide qu'on devait faire une pause, je restai fixé sur le serpent imaginant des croquis...J'observai notre point de chute temporaire, si je n'avais pas été accompagné d'un homme qui me méprise j'aurais pu apprécier les lieux...enfin cela reste un lieu en plein foret, un endroit que je ne connais pas...Je ne pouvait tout de même pas nier que les lieux offraient une zone de répit des plus agréables et paisibles. Alors que la grande courgette trouvait place sur sa pierre je viens regarder le cours d'eau. L'eau claire était jolie à regarder et le ruissellement de l'eau entre les pierres portait un son reposant...j'allai poser mon sac à côté d'un autre rochet qui peut accueillir mes fesses. à sa question je vérifiai le contenu de mes affaires

-oui c'est bon...

mes dernières provisions mais il m'en restait un peu . C'était suffisant pour me nourrir. Installé sur mon trône dur et donc les reliefs me rentraient désagréablement dans la peau de mon fessier, j'observai celui qui allait me ramener à la civilisation..La veste enlevée il donnait davantage l'impression d'être nourrie aux hormones ..Lui, il a un trop plein de protéine! Non pas du tout ! je ne suis ni jaloux ni complexé par ma taille minuscule et mon poids rachitique ! je vous signale que je suis musclé et souple! C'est des nuances plus agréables à regarder qu'une montagne de muscle...non? Bon ok ça dépend pour qui !Au final je sortit mes derniers restes et je grignotai un morceau

-bon appétit!

puis j'ouvris à nouveau mon carnet pour réaliser deux trois croquis pour bien me souvenir du serpent..Tant que c'est encore frais, il ne fallait pas que je laisse filer l'image...de toute façon cela m'étonnerais que l'inconnu veuille entretenir une quelconque conversation , il ne fallait pas être très intelligent pour voir qu'on était deux à ne pas aimer parler et puis on avait rien en commun...lui il me prenait pour un criminel et moi je le prenais certainement à tors pour un chasseur dégénéré et sans manière !

et puis mince au final j'osai demander

-si vous pensez que je suis un criminel...vous pensez que j'ai commis quel crime ...pour moi le seul crime que j'ai commis c'est de vous avoir menti pour me protéger ...même si...ça n'a pas été concluant ...j'aime pas mentir !


Mais j'étais obligé! C'était la loi de la cité...même si parfois je me dis que cela ne devait pas être très grave après tout si c'était de simple donné informatique il n'y avait qu'à les réinitialiser...je ne vois pas trop pourquoi ils se compliquent la vie..bien sûr que pour préserver les lieux on ne doit pas crier à tout va mais il y a des situations qui nous aideraient bien à nous sortir de ce fardeau...pour avoir des séjours plus serin !
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Il ne répondit à son « Bon appétit » que par un signe de tête, occupé à déballer le quart de pain qu'il lui restait. Il s'en coupa une tranche épaisse en le posant sur sa cuisse puis balaya les miettes et le remballa dans son torchon. Cela fait il se tailla plusieurs rondelles de saucisson, et sortit enfin un sac de noix décortiquées qu'il avait soigneusement fait sécher durant la saison adéquate. Sa gourde compléta l'ensemble et il commença bientôt à manger avec une sorte de précaution, comme s'il devait apprécier chaque aliment avec une attention particulière.
Ileivàn n'avait jamais eu vraiment faim dans sa vie. Il avait eu quelques périodes difficiles après la mort d'Eleina mais il n'avait jamais été au bord de la mort pour cette raison. Durant la majeure partie de sa vie il avait même été nourri avec des aliments sains et parfois des mets raffinés, et pourtant il appréciait chaque repas, d'abord parce-que prenant beaucoup d'exercice il avait souvent faim à cette heure, et ensuite parce-que cette pause faisait partie des moments simples de sa vie qu'il appréciait pour leur rupture avec de durs travaux.
Généralement rien ne distinguait le jeune homme d'un chasseur dont la vie aurait toujours été dans ce genre d'environnement. Il se déplaçait comme le faisaient ses semblables, économisait ses paroles en forêt, ne semblait pas avoir l'habitude des villes et des gens.
Pourtant lorsqu'il mangeait on ne pouvait que remarquer que quelque chose était différent. Pas nécessairement dans sa posture, mais plutôt dans sa façon de tenir les aliments. Il y avait quelque chose de distingué sans pour autant être précieux, et en le regardant on ne doutait pas qu'il soit capable de se tenir convenablement à table malgré son activité forestière.
Il vit son compagnon sortir son carnet et l'observa un moment, curieux, sans pourtant faire mine de s'approcher. Il contempla ensuite son environnement, fit courir ses doigts dans l'eau fraîche, détailla une colonie de fourmis œuvrant avec ardeur.

La question dissimulée de l'inconnu l'étonna. Il était évident qu'il le conduirait maintenant sur la route la plus proche sans qu'ils n'aient à discuter davantage et qu'ils ne se reverraient probablement pas, pourquoi voulait-il en savoir plus sur ce qu'il pouvait penser ? Enfin il n'y avait aucun mal à y répondre, il n'y avait pas de secret à ce sujet.

« Si vous êtes un homme c'est que vous êtes un voleur et probablement un meurtrier. Vous avez parlé d'une fuite, de vivre avec votre frère à charge, d'origines qui vous porteraient préjudice, de personnes ayant tué vos parents, vous n'avez pas de métier, vous êtes perdu au milieu de nulle part sans aucune raison, ce qui prouve que vous avez marché dans une direction aléatoire après avoir quitté précipitamment un chemin. Les voyageurs normaux ne quittent pas les chemins sans raison et encore moins sans retourner sur leurs pas ensuite. Le plus probable est donc que vous ayez détroussé quelqu'un et ayez ensuite pris la fuite. Et vu votre corpulence et l'absence d'arme visible, vous n'êtes pas assez menaçant pour que cela suffise. Il est donc probable que vous ayez tué la personne que vous avez détroussée, peut-être dans son sommeil pour avoir réussi, ou avec du poison si vous avez ce genre de connaissances, ou encore avec une arme que vous avez été obligé d'abandonner.
Vous pourriez essayer de me faire croire que vous vous êtes perdu en fuyant vos poursuivants, mais un homme en fuite n'a pas des vêtements de cette qualité et surtout en aussi bon état, ni un sac contenant des choses qu'il avoue lui-même ne pas connaître, et je ne parle pas de la Pierre de Ciel.
Un homme en fuite ne gaspille pas le peu de ressources qu'il a pour ce genre d'achats.
Je pense que vous avez dû trouver ce carnet un jour, étant donné le nombre de dessins que vous y faites c'est que vous n'économisez pas les pages et donc que vous ne l'avez pas depuis aussi longtemps que vous fuyez, ce n'est donc pas quelque chose que vous aviez avant.
Bien sûr ces déductions ne tiennent que si vous avez dit quelques vérités, si l'ensemble de vos paroles n'est que mensonges il se peut qu'elles soient totalement fausses. Mais dans ce cas il n'y a rien de logique en vous, absolument rien, et j'en reviendrai à la conviction qui jusque là m'a semblé la plus probable, vous êtes une créature mimétique.
 »

Encore une fois il avait beaucoup parlé, ce dont il n'avait vraiment pas l'habitude, et il l'avait encore plus perdue concernant l'exposition de longs raisonnements. Il avait peut-être oublié des points parce-qu'ils lui semblaient tellement logiques que ce n'était pas la peine d'en faire mention, n'avait peut-être pas été suffisamment clair, mais en tout cas il avait répondu et l'inconnu pouvait l'en remercier parce-qu'il avait fait un effort pour cela. Pas intellectuel, mais de bonne volonté. Il n'était pas sa fille et ce qu'il lui dirait ne changerait rien à son avenir, il n'avait pas vraiment de raison de lui parler. Mais les paroles de ce Ryuuk avaient trouvé un certain écho en lui, il n'avait pas confiance en lui mais elles lui paraissaient sensées.


Ileivàn Estebrièn.
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Il m'exaspérait à me prendre pour ce que je ne suis pas. Bon il faut dire que je ne l'avais pas aidé en mêlant plein d'histoire, en insinuant des tas de choses sans réellement dire la vérité. Et pourtant j'en y avais mis un peu . Moi qui pensais qu'en fait il avait un peu d'esprit à le voir manger avec cette grâce...mais en fait pas du tout ...quoi que ce serait de mauvaise foi de dire cela...Il a l'air quand même d'avoir de la jugeote. Malheureusement, il a l'air, aussi, très borné dans ses idées... Un chat reste un chat comme on dit ! Ce qui n'aidait pas non plus c'est que je me sentais irrité d'être traité de ce que d'habitude je mettais en cellule ! en même temps un flic qui se fait traiter de voleur et d'assassin ...ça en agacerait plus d'un, vous ne pensez pas ! Je refermais mon carnet à dessin, de toute façon j'avais fini.

- C'est pas mal...même si dans l'ensemble vous avez tout faux ! surtout pour la créature mimétique !

Si cela existe j'aimerais pas être face à ce genre de créature, rien qu'à l'idée cela me procure des frissons...Une créature qui peut vous ressembler...Il manquait plus que ça !

- Alors, j'ai un métier.. et je vous l'ai dit...Mais vous avez dû le mettre dans le paquet de mensonge. Ce que je peux comprendre...Pour le chemin ... je me suis perdu...comme vous ne me connaissez pas, vous n'avez pas pris en compte un élément important à mon sujet...c'est que je peux être tête en l'air quand je dessine hors...j'ai pas vu le temps passé...Et quand j'ai relevé la tête il commençait à faire sombre...dans une forêt que vous ne connaissez pas et que vous attendez un bruis sinistre ...vous faites quoi ? bon, j'imagine que vous agirez calmement ..mais vous l'aurez par contre remarqué je suis assez peureux...bref...j'ai pas réfléchi, j'ai couru pour sauver ma peau. Un réflexe de survis c'est de monter dans un arbre.. là où vous m'avez trouvé !Je me suis perdu comme ça...croyez le ou non ! Après, je sais me défendre et j'utilise la force uniquement s'il le faut, seulement qu'en cas de réel nécessité...Je déteste la violence ...car je connais que trop bien la souffrance que cela peut en couter ! là aussi croyez le ou non...Bref je suis qu'un simple voyageur qui souhaite visiter la région...mais peut-être n'avez-vous pas de notion de tourisme... il est vrai que vu comme ça, il est peu probable de voir la raison qui me pousse à ne pas vous dire la vérité ...je viens à me dire que je suis certainement qu'un pauvre mouton qui suit les ordres...Ah pour mon carnet...ne vous en faite pas je l'ai acheté comme mes vêtements d'ailleurs, avec la paye de mon travail...pour la pierre bleue ...je vous l'ai dit mon origine est lointaine et je ne connais pas encore bien tout ça ...Mon frère est un plus grand passionné par la région alors il s'y connait mieux ! Maintenant, je m'excuse encore de vous paraitre impolie en ne vous disant pas la vérité ou que cela puisse paraitre qu'un tissus de mensonges ...

Je réfléchis un instant, faisant une pause dans mes propos...j'avais déjà beaucoup parlé d'ailleurs, trop même pour mes cordes vocales, elles n'ont pas l'habitude d'être autant employée...Je repensais à ce que je m'étais dis un peu plus tôt sur le fait que ce n'était pas si grave de lui dire. De toute façon les démiurges pourraient facilement lui effacer des données...Et puis, je me dis que de toute façon il ne me croirait certainement pas...Je fixais un instant la couverture en peau de mon carnet à dessin. Et il se dessina une idée...Je relevai la tête et je lui fis un sourire discret, timide pour ne pas qu'il déforme mon visage avec ma cicatrice. Je détestais qu'elle se déforme.

- si vous voulez savoir vraiment la vérité j'ai peut-être une idée...après se sera à vous de me croire! Vous devez me promettre de rien dire et de ne pas me poser de question...Qu'est-ce que vous en dites ?
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Il écouta attentivement ce qu'il avait à lui répondre, puisqu'ils étaient arrêtés et qu'il n'avait rien d'autre à faire pour le moment à part terminer son repas.
Il était étonnant de le voir si soucieux de se justifier auprès d'un inconnu qu'il ne reverrait jamais, de s'attacher à lui faire comprendre ce qu'il voulait faire passer pour la vérité. Lorsque l'être s'interrompit dans son discours il lui répondit.

« Je ne vous ai jamais vu dessiner qu'en étant arrêté, et lorsque vous dessinez vous semblez si absorbé par vos traits que plus rien ne semble exister autour. Cette proposition ne me convainc pas, si vraiment vous vous étiez mis à dessiner vous vous seriez arrêté plutôt que de continuer à marcher, et encore plus sans but, il est évident que la marche n'aide en rien à la précision des traits.
Concernant le métier que vous vous dites avoir, vous avez vu juste, n'ayant aucune preuve vous pourriez aussi bien vous dire cordonnier ou domestique, je n'ai pas de raison de vous croire sans preuve.
Pour la violence je vous crois jusqu'à preuve du contraire. Mais les empoisonneurs n'ont recours qu'à la violence de leurs poisons et les assassins peuvent parfois utiliser des moyens suffisamment efficaces pour que la violence soit minime.
Concernant votre « tourisme » je ne vois absolument pas de quoi vous voulez parler. Et quant à visiter la région, personne ne ferait une chose pareille sans un but lucratif, on ne visite que pour évaluer le potentiel de quelque chose ou vérifier son influence, et si c'était votre cas vous seriez suffisamment riche pour vous payer une escorte, même faible, ce n'est donc pas recevable.
 »

Il ne commenta pas le reste, ne le jugeant pas nécessaire comme il s'agissait principalement selon lui de phrases que sa précédente réponse avait déjà remises en question.
Lorsqu'il parla d'une nouvelle idée il en fut presque amusé. La dernière idée avait consisté à lui demander de lui plonger une arme dans le cœur, il se demandait ce qu'elle pouvait être maintenant.

« Lorsqu'on demande à quelqu'un de ne pas poser de question dans une situation où il n'y a ni urgence ni besoin impératif de silence, c'est soit qu'on sait qu'on ne pourra pas y répondre, soit qu'on craint qu'au moins une question ne révèle une incohérence ou un mensonge. Demander à un enfant ou à un idiot de ne pas poser de question peut être efficace, mais je ne suis ni l'un ni l'autre et après tous vos mensonges et vos tentatives de manipulation ce nouveau secret revêt des conditions suspectes. » répondit-il dans un premier temps.

« Nous sommes seuls ici, et si vous êtes réellement déterminé à me dire quelque chose qui vous inquiète je ne peux vous en garantir le secret que si je comprends les raisons de celui-ci. Si votre façon de m'exposer la vérité est irréfutable, si elle est suffisamment complète pour que je comprenne l'ensemble de la situation, je n'aurai pas besoin de vous poser de question, mais même si j'avais à vous en poser personne ne les entendrait et vous pourriez refuser d'y répondre.
Je veux connaître cette vérité, et vous semblez vouloir sincèrement que je la comprenne, soyons rationnels et nous nous comprendrons peut-être.
 » ajouta-t-il.

S'il n'était pas une créature mimétique que pouvait-il bien être ? Un dieu déchu ? Un esprit de la forêt ? Les hypothèses les plus farfelues étaient possibles compte tenu du brouillard entourant cet être.


Ileivàn Estebrièn.
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Si cela avait été dans une autre situation j'aurais certainement rigolé.... Aussi si j'avais été une autre personne...Le rire est une notion  difficile à gérer pour ma part et je préfère ne pas l'exprimer. Non pas que j'ai un soucis avec cela, mais je dois avouer que je garde un petit complexe sur la cicatrice de mon visage, le rire ou les sourires ne font que me la rappeler...vous allez me dire pourquoi ne pas l'effacer c'est facile avec la technologie de la cité...oui...mais c'est un sentiment complexe qu'il m'est difficile de partager. Je ne sais pas si je peux y mettre des mots...c'est comme ça...

-Oui bien sûr que non...Je ne marche pas en dessinant c'est stupide et dangereux!...J'étais aux bords de la rivière proche du sentier...mais à la nuit tombée en attendant le bruit , j'ai pas su, dans la précipitation retrouver le sentier...


un empoisonneur, un assassin ...Il est vrai que parfois j'ai une tête des mauvais jours...Mes collègues s'amusent à me demander qui j'ai tué dans la nuit...mais jamais on ne m'a qualifié d'assassin avec sérieux...Il faut bien une première à tout. Mais en tant que représentant de la justice, membre de l'Ordre Mazan cela me paraît étrange et farfelue...enfin passons ce n'est pas le plus problématique...enfin si cela est mais il a bien vu que je n'usais pas de la violence alors il peut bien me prendre pour ce qu'il veut ...manquerais plus qu'il me prenne pour un de leur dieux!

C'est vrai qu'ils ne doivent pas connaitre le mot tourisme...Cela n'a pas réellement d'utilité quand le seul moyen de survivre c'est de travailler tous les jours. Je ne sais même pas si les nobles connaissent ce mot ici...ils ne doivent employer que le mot en visite ...et encor !

-Désolé...Le mot tourisme est un mot de là où je viens...c'est quand...

Je réfléchis préparant mes mots pour lui expliquer de manière à ce qu'il comprenne.

nous avons des jours de repos dans notre travail et que nous pouvons visiter seulement pour le plaisir de nos yeux, par curiosité une autre région que la nôtre...j'aurai pu prendre une escorte il est vrai...mais je préfère voyager seul...

Oui ils proposaient pour les simples visiteurs des gamers ou même des récupérateurs en formation comme escortes mais déjà ça coute trop cher ...et devoir échanger avec un inconnu pendant mes jours de congé non merci !

Pour le reste je réfléchis un instant, posant mon regard sur le léger courant du ruisseau, oui je pourrais toujours refuser de répondre. Prenant une résolution je me levais, en prenant mon carnet.

-je vais préparer ma réponse ...ne me dérangeait pas !

je lui désignais l'ombre d'un arbre où je m' installais calmement, mes doigts effleurèrent la couverture du carnet , les laissant un peu en suspend avant de l'ouvrir à une page vierge. Mon regard flotta sur les pages blanches cherchant un point pour le commencement. Machinalement, le crayon virevolta avec dextérité entre mes doigts. Une petite manie qui indiquait que je réfléchissais au dessin que j'allai faire.
La mine fut posée sur la feuille. Je commençai à illustrer la vérité, mon histoire, ma vie...Elle pouvait se résumer à quelques coup de crayons...oui mais c'est pas ses représentations que je peux étendre tous mes sentiments sur la question. c'est plus facile de le poser sur papier que l'énoncer à voie haute..

les premiers dessins furent ma naissance, une naissance parmi tant d'autres dans les éprouvettes géantes des laboratoires des démiurges. J'avais tout d'un humain, mais je n'était qu'artificiel...ironie quand je savais que l'homme en face de moi était d'une identité virtuelle ...possédant je dois dire un programme trop réaliste...Il me semblait plus vrai que nature...trop vrai en y réfléchissant...mais ce n'est pas son  histoire que j'illustre mais la mienne...

le premier crie dans les bras de mes parents comme si je venais du ventre de ma mère...

La cité...la belle Cité, forêt de gratte ciel illuminé par les lumières des écrans et des boutiques...Le son n'est plus aux gazouillis des oiseaux mais aux voies publicitaires et messages mécaniques des robots nettoyant la rue...au tiiituuut des passages piéton et au vrombissement presque silencieux des navettes.Malheureusement, je ne peux  exprimer par ma mine toute cette effervescence toutefois mon dessin donne le vertige des grandeurs...on se sent petit, on se sent minuscule...on se sent avaler par un tout...

mes parents je les dessinais sans visage, trop difficile de me rappeler et je me dois d'être fort devant cet inconnu, surtout devant cet inconnu...Ma mère était une photographe et mon père travaillait pour l'ordre de Mazan comme inspecteur... c'est ce qui a conduit  sa perte, notre perte...Mais ce n'est pas ici que je développerais cette partie de ma vie...d'ailleurs je ne vois pas comment le représenter...le vide s'installe, le brouillard...la feuille blanche s'assombrit sous les trais répétitifs, nerveux et acharnés du crayon au point de briser la mine...je me reprend ...je reviens à moi ! Pas de soucis j'en ai un autre de rechange. Je suis prévoyant dans ce genre de cas ! Ce n'est pas ici que je le raconterais, pas à un simple inconnu...pour lui se sera qu'une page noire, une page sombre de ma vie...

la suite c'est un enfant perdu, déboussolé recouvert de bandage qui se retrouve avec un frère sous les bras...mais ce moment n'est pas intéressant pour l'homme en face de moi...ce n'est qu'une partie bien trop personnel, trop sentimental, le moment où je dois me reconstruire, je suis obligé de me reconstruire si je veux pouvoir survivre si je veux que mon frère connaisse une vie normal... non elle ne sera jamais plus normale !

mon insigne, l'entrée à l'ordre de mazan...est ce qu'ils ont un insigne quand ils travaillent dans les forces de l'ordre? Grande question...peut être qu'il comprendra tout de même...pour la vengeance...certainement...ai-je réussis? ..Non...mais il n'est pas non plus intéressent de le faire savoir...Le mieux c'est la douane, majestueuse, splendide avec ses statues des héros d'un jour..., ce passage entre les deux mondes. ..

Deux mondes complètement différents...deux mondes qui ne peuvent se comprendre...

Tout était expliqué en dessin..Il pourrait me prendre pour un fou...tant mieux...ne pas me croire...Je l'avais prévenu...Cela restera des dessins sans plus d'explication...

Je refermai le carnet,plaquant ma main sur la couverture comme vœu de silence...Je me levai doucement, légèrement ankylosé pour être autant resté assis. Je reviens auprès de cet inconnu peu commode. Dans un silence sacré et respectueux je lui tendis le carnet ...Une fois entre ses mains je déclarai

-C'est la vérité sur ma vie...

Pourquoi me prenais je la tête pour lui sortir la vérité...pourquoi alors que je pourrais être arrêté...Ce n'est pas ses mots sur le fait d'être seul qui me rassure...non c'est personnel ! comment pourrais -e me regarder en face sachant qu'une personne me prend pour un criminel ! cela à beau être un simple mais efficace programme  cela me tord les boyaux. Je me dois de rétablir la vérité, et pas seulement pour moi mais aussi pour mes parents qui m'ont élevé, pour mon frère que j'élève avec le plus de sérieux possible...enfin j'espère...
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Son explication sur sa présence dans un tel lieu ne tenait toujours pas la route, mais Ileivàn commençait à se dire que jamais il n'aurait de réponse acceptable à ce sujet.
Il fronça les sourcils à la mention du « tourisme ». Quel genre de travail pouvait accorder autant de jours de repos ? La plupart des métiers ayant un employeur avaient quelques jours de repos, au moins un jour par semaine même parfois à certaines conditions et les jours de fête traditionnels, mais assez de jours pour « visiter pour le plaisir des yeux » … Sans compter le prix d'un tel voyage, et le fait que pour se rendre si loin qu'on finisse par se perdre il fallait vraiment beaucoup de temps.
En tout cas s'il disait vrai il était riche, mais il n'en avait absolument pas l'air. Il l'observa encore un moment, puis une nouvelle hypothèse lui vint à l'esprit. Pour l'étayer il posa une simple question.

« Quel âge avez-vous ? »

Il lui semblait plus jeune que lui d'au moins cinq ans, mais son physique atypique était peut-être trompeur, et certains hommes, s'il en était un, ne semblaient pas âgés avant longtemps.

Il attendit ensuite sagement que cet inconnu fasse ce qu'il avait à faire, terminant de déjeuner, buvant longuement, remplissant sa gourde et achevant de tout ranger, se reposant sereinement, profitant de cette pause pour observer les alentours, les oiseaux affairés, écouter la nature qu'il connaissait bien mais n'observait que rarement sans un but précis.
Parfois il la détestait, quand elle le couvrait de boue, le trempait pendant des jours sans lui permettre de se sécher, lui glaçait les os à le faire trembler, le griffait lors de courses effrénées, mais il l'aimait aussi dans ses rayons de soleil, ses couleurs variées, la clarté de l'eau ou l'odeur de la sève. Il avait compris que son étrange rencontre écrivait ou dessinait sa réponse, s'étonnait d'un tel moyen de procéder mais n'en disait rien et ne lui jetait un œil que brièvement de temps en temps pour vérifier qu'il n'attendait aucune réaction de sa part.
Son regard se posa sur son propre sac, dans lequel il avait soigneusement glissé le dessin offert. Cela faisait bien longtemps qu'on ne l'avait pas dessiné, et il se souvenait des moments particulièrement ennuyants durant lesquels il avait posé pour un peindre mandé par son père ou sa mère. Il se souvenait également que durant toute une période son père n'avait plus demandé de portrait de ses enfants, du moins pas à sa connaissance. Sur le moment il avait apprécié cette trêve, mais désormais il savait que cela correspondait à la période durant laquelle Thomas Estebrièn avait cru qu'il n'était pas son fils, et il la considérait avec amertume, d'autant plus en sachant que son père ne lui pardonnerait sans doute jamais d'avoir fui avec la femme de son frère et d'avoir eu avec elle l'enfant qu'elle n'avait jamais donné à son aîné.
Il resta longtemps songeur à ce sujet, puis se tira de ses souvenirs en voyant le voyageur s'approcher à nouveau puis lui tendre religieusement son carnet. Il eut un infime et fugace sourire, parce-que son attitude lui rappelait celle de sa fille quand elle voulait lui montrer soit une grenouille capturée soigneusement, soit un objet étrange qu'elle avait fabriqué et pour lequel il savait qu'il devait avoir au moins un mot positif pour l'encourager à être créative et à s'amuser malgré sa vie parfois difficile.
Il prit l'objet entre ses mains nues, contempla l'homme un instant, songeant à sa phrase énigmatique. Les artistes, et en particulier les poètes, avaient toujours un certain amour pour l'emphase et les phrases sentencieuses. La vérité sur sa vie... Il voulait bien croire qu'il ait pris soin de dire beaucoup de choses là-dedans, mais pour connaître la vérité sur la vie de quelqu'un il fallait plus de quelques pages, même réalisées par un portraitiste doué.
Il reporta son attention sur l'objet, l'ouvrit doucement. Il avait beau manier plus souvent le couteau que la plume il savait manipuler avec soin les choses un peu délicates, et il voyait bien que l'inconnu était un peu fébrile à l'idée qu'il manipule son carnet. Et autant il se méfiait de lui, autant si vraiment il avait fait de son mieux il lui devait bien cette considération.
Ce qu'il vit sur la première page illustrée lors de la dernière session le laissa perplexe. Il y avait des bébés, cela il le voyait bien, mais il ne comprenait pas dans quoi ils étaient et l'ensemble représenté par le dessin. C'était une vision très dérangeante, ne correspondant à rien de logique. Chaque enfant naissait d'une mère, parfois dans de telles complications que la mère pouvait y perdre la vie ou ne plus jamais pouvoir enfanter. L'idée d'avoir autant de bébé dans de sortes de récipients transparents tenait de la démence...
Il passa à l'image suivante, il y avait des parents, cela il pouvait le comprendre, même s'ils étaient dans un environnement étrange, habillés de façon bizarre.
Puis encore une image qui lui échappait. Il devait s'agir de bâtiments et d'une organisation sociale, mais elle ne ressemblait à rien de connu. Naturellement Ileivàn n'avait jamais quitté la Valonie, mais il n'était pas inculte pour autant, il savait par des récits de voyageurs à quoi ressemblaient les villes des autres pays, et ce n'était pas à cela. Était-ce l'expression de la folie de cet être ? Il leva la tête, le contempla. Il lui avait demandé de ne pas lui poser de question, mais quel genre de question pouvait-il lui poser ? S'il lui lançait un « Êtes-vous complètement fou ? » il doutait qu'il réponde par l'affirmative, même si cette solution semblait vraiment envisageable.
Il lui avait parlé d'une vérité sur sa vie... La vérité serait sa folie ? Sa vision du monde d'une façon totalement irrationnelle ?
Il fit la feuille couverte de traits noirs, appuyés, sans autre signification qu'un dérèglement de l'appareil humain, conduisant à une absence de message compréhensible.
Puis deux enfants, dont un lui ressemblant semblant souffrir. Il comprit alors la raison de ces traits noirs. Un accident ou un événement grave, qui avait entraîné de terribles blessures, dont celles qui avaient laissé des cicatrices. Un moment très difficile... Peut-être était-ce à ce moment que l'esprit de cet homme s'était désaxé.
Petit à petit un nouveau tableau se dessinait dans son esprit. Celui d'un enfant traumatisé à vie, ayant inventé un monde et n'arrivant plus à s'en défaire qu'occasionnellement, incapable de donner le change car incapable de donner une version cohérente à force de se mentir pour se protéger.
Il continua à regarder les dessins. Ils étaient très bien exécutés, des miroirs de mondes imaginaires. Puis lorsqu'il eut terminé il referma doucement le carnet et le rendit au jeune homme.

« Merci. Je comprends mieux votre vie maintenant. Ne vous inquiétez pas, je ne vous ferai pas de mal. Quand vous vous serez suffisamment reposé nous repartirons. » dit-il.

Il n'en était pas plus tranquille à son sujet, pour ce qu'il en savait à la moindre contrariété il pouvait devenir violent, mais au moins il avait l'impression de le comprendre bien mieux et il avait même un peu d'empathie envers lui, envers l'enfant qui avait subi une telle souffrance. Peut-être s'était-il enfui de ceux qui le gardaient et le remettre sur un chemin fréquenté leur permettrait de le retrouver.


Ileivàn Estebrièn.
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Pourquoi il me demande mon âge? c'est étrange...qu'est ce qu'il va faire de cette information peut utile dans cette circonstance...j'en voyais tellement pas l'intérêt que j'en oubliai de lui répondre. Surtout que je fus rapidement pris par mes dessins oubliant le reste pour me consacrer uniquement à l'exercice difficile de lui faire passer un message uniquement par le trait.

Quand il observa mes dessins je ne pus que retenir ma respiration attendant sa réaction. je fus toutefois rassurer de voir qu'il prenait soin du carnet. Il n'était pas si rustre que j'avais supposé...c'est peut-être un ours civilisé...quand il eu finis je repris le carnet contre moi rassuré qu'il n'est rien eu. je fus légèrement surpris par sa réaction. Son intonation avait changé elle était plus douce...Mmmm je pense avoir bien supposé quand j'avais suggéré qu'il allait me prendre pour un fou mais tant mieux d'une certaine façon...qu'il me prenne pour un dérangé et qu'il ne me pose plus de questions se sera très bien ! parfait !

- D'accord...merci beaucoup...c'est...aimable à vous ... je laissai un léger petit sourire passer sur mon visage pour être polie

j'allai rejoindre mon perchoir, mon cailloux où je m'étais posé pour grignoter. Je posai mon carnet sur mes cuisses, le fixant avec une certaine tristesse. Oui, j'allais devoir accomplir un acte horrible, mais je me devais de le faire pour rester en sécurité. J'ouvris le carnet avec délicatesse, comme si je découvrais un trésor pour la première fois...touché et ébahis ...quand j'arrivai aux feuilles où j'avais dessiné pour le géant, j'y restai un petit temps jugeant des défauts, de ce qu'allais devoir améliorer dans le trait pour la prochaine fois. Puis je pris la première feuille et dans un soupire de honte je l'arrachai . Le déchirement de la feuille me parus comme une longue plainte du papier en train de mourir. Malgré la souffrance de devoir arracher ses pages du carnet je continuai pour chacune des pages où j'avais dessiné ma vie. Une fois fait je les déchirais en petit morceau au-dessus de l'eau faisant des confettis. Le papier revenais à son état naturel, l'eau nettoierait toute trace de ma faute, de mon pécher ...
Quand se fut fini je m'excusai mentalement pour mon carnet qui avait maintenant des pages en moins et je le rangeai dans mon sac. Pour me remonter le moral je me dis que j'allais bientôt trouver une ville et que je pourrai bientôt rejoindre mon frère et bientôt retrouver ma maison et bientôt mon travail...bref je serais bien loin d'ici et de cette drôle de rencontre !
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Il remarqua bien qu'il taisait l'information concernant son âge, mais il ne lui en tint pas rigueur. Ce n'était pas si important, même s'il aurait ainsi pu en déduire certaines choses.
Il semblait plus jeune que lui, adulte néanmoins depuis quelques temps, le reste n'avait pas d'importance pour le moment.


Il se contenta de hocher légèrement la tête lorsque le jeune homme perturbé le remercia. Cependant son attention fut nettement accrue lorsqu'il le vit déchirer les pages de son carnet, ayant bien remarqué qu'il tenait particulièrement à cet objet et comprenant pourquoi. Il s'assura que son maigre bagage était prêt au départ puis se leva et marcha lentement, relativement silencieusement, jusqu'à l'endroit où Ryuuk massacrait son ouvrage.
Il s'arrêta à environ un mètre de lui, contempla en silence ses gestes, étudia l'expression de son visage, sa posture. Ce qu'il faisait ne lui plaisait pas, c'était visible, alors pourquoi...
Ileivàn comprit soudain. Dans sa folie de se croire poursuivi et détenteur d'un lourd secret il devait penser que détruire les preuves de son traumatisme empêcherait quiconque de retrouver sa trace. Il ne devait pas réfléchir au fait que si on trouvait le carnet qu'il gardait si précieusement il serait lui aussi arrêté puisque probablement dans les parages de l'objet.
Cependant jusque là le jeune homme n'avait pas montré une grande intelligence. Ileivàn se détourna donc sans un commentaire, et alla s'installer confortablement en attendant que son étrange compagnon de voyage ait terminé.
Tout en détaillant les feuilles des arbres et la façon dont la lumière les changeait, il réfléchit à leur parcours à venir, puis à la pierre qu'il allait vendre. Il pourrait l'apporter au vieux Jéren, qui l'étudierait soigneusement et lui en indiquerait le prix honnêtement en échange d'un peu de viande. L'homme n'était pas particulièrement sympathique au reste du village, il avait la réputation d'être avare et misanthrope, mais étrangement il l'avait pris d'amitié et il semblait même apprécier Katia alors que généralement il évitait les enfants comme la peste.
Comme lui il provenait d'un autre endroit, une grande ville probablement, mais ce n'était pas extrêmement rare dans cette partie du royaume, la montagne et ses ressources attirant ceux qui pouvaient se permettre de voyager pour chercher à s'enrichir. Pourtant Ileivàn sentait que le vieil homme percevait un autre point commun, qu'il n'était pas encore parvenu à élucider. D'ailleurs il n'était pas certain de vouloir le connaître.
Qu'il puisse se fier à lui pour le prix des pierres qu'il trouvait était nettement suffisant, il n'avait pas l'intention de l'emmener boire une chope à la petite taverne du village, faisant également office de magasin général.


Ileivàn Estebrièn.
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Quand ma tâche difficile fut accompli, quand mon carnet amputé de quelques pages fut rangés à l'abri, je pus observer pendant un temps la beauté du paysage. Il fallait bien se l'avouer ce n'est pas dans la cité qu'on trouverait une nature si belle...Nous avons des espaces verts éblouissants, une végétation magnifique, cependant il n'y a pas cette aura naturelle que l'on peut trouver sur le continent. Cela explique, pourquoi un grand nombre de personne affectionne les voyages sur le continent. Beaucoup de voyageurs y viennent chercher l'air naturel, l'image idyllique d'une nature que nous avons perdue, que nos ancêtres ont perdu. Notre seul réconfort est cette illusion de nature. c'est triste... Je penchai mon corps pour effleurer l'eau du bout des doigts, l'observation du mouvement du courant pouvait me captiver pendant longtemps. Je me rappelai qu'il fallait partir. Nous devons sortir de cette forêt, retrouver la civilisation, le modernisme aux contradictions de la nature ! Je m'étirais pour détendre mes muscles ankylosés, trop longtemps pliés dans une position qui au final était peu confortable. il y a pas à dire les chaises de bureau de la cité sont vraiment confortables !

je m'approchai de mon guide entre guillemet pour lui signaler mon état.

- J'ai fini de me reposer...si vous êtes près à partir...

En fait, maintenant je ne savais plutôt comment reagir face à lui, je me doutais qu'il ait eu compris de travers. C'est impossible qu'il ait saisis toute la réalité des faits. Un homme du continent ne peut pas imaginer mon monde, ce n'est pas équivalent. Je me sentais un peu mal à l'aise de le laisser penser que je fusse fous. Non pas que cela me dérange de lui mentir, je n'aime pas mentir mais, quand c'est utile, cela reste utile quoi que l'on dise ! Cependant, c'est assez désagréable de se dire qu'un inconnu vous prend pour un fou alors que vous savez que vous avez quelques soucis psychologiques ! Je vous arête ! je le sais ! Je ne suis pas dérangé ! Mais les traumatismes laissent des traces, peu importe qu'on essaye de les effacer à coup de Kärcher elles s' agripperont à vous, avec ténacité, rigolant de vos faiblesses, jouant avec vos nerfs ! Et puis je n'aimais pas trop non plus qu'il me prenne en pitiés. Peut être que par rapport à lui je suis moins fort...bon d'accord, je suis beaucoup plus faible ! Mais je ne suis pas une petite chose fragile ! Franchement des quatre pays , il a fallu que mon frère soit passionné par le pays où la force quelle qu'elle soit est des plus importantes !

- Vous...Vous avez une idée approximative de quand nous arrivons sur un chemin ?

Pas que j'étais pressé de me séparer de lui...mais en fait si ! il ne semblait plus une menace mais, sait on jamais ! Je ne savais pas réellement ce qu'ils faisaient ici aux personnes qu'ils pensaient dérangé, je ne savais même pas s'il allait en parler !Je fronçai les sourcils comme contrarié

-Vous ne parlerez pas de ce que je vous ai montré à n'importe qui n'est-ce pas !?

Il ne manquerait plus qu'il tombe sur un Veilleur ou un Récupérateur et qu'il me décrive ! je ne sais pas si c'était une bonne idée de lui montrer des dessins !
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Dès que le jeune homme l'informa qu'il était prêt à partir Ileivàn se leva vivement, remit son sac sur son épaule et partit d'un bon pas. Il avait conscience qu'il aurait probablement dû dire quelque chose, et qu'autrefois il aurait certainement trouvé quoi, mais désormais il ne voyait plus de raison valable de le faire et il n'aurait même pas su quoi dire. « En route » ? Il n'y avait pas de route, et puis c'était ridicule, que pouvaient-ils faire d'autre ? Ils partaient et c'était tout, il était inutile de mettre des mots sur quelque chose d'aussi évident.

« A la fin de la journée il y aura une piste à suivre. indiqua-t-il pour répondre à sa question.
Elle ira en s'élargissant, mais je ne vous laisserai pas là, vous ne seriez pas en sécurité et vous risquez de vous perdre, des animaux la croisent et font parfois des pistes assez larges pour les confondre...
Demain matin, vers dix heures si nous ne traînons pas, il y aura une route, une vraie, où vous aurez des chances de trouver des gens... Si vous avez de quoi monnayer leurs services ou qu'ils sont de bonne composition vous pourrez faire route avec eux.
 »

Il réfléchit un peu après cette réponse, puis ajouta :
« Je vous conseille de ne pas faire de long trajet seul. Pas seulement parce-que vous pourriez vous perdre à nouveau, mais il n'est pas rare que des animaux sauvages rôdent, et par là je veux dire aussi des créatures comme celle que nous avons rencontrée. Et si ce ne sont pas des animaux, ce pourraient être des voleurs, des assassins... Un gosse tout seul avec un carnet pour moyen de défense, ça finit détroussé ou tué comme créature louche. » commenta-t-il.

Puis, après quelques instants de silence et une moue désapprobatrice :
« Mais choisissez bien les gens avec qui vous marchez... Les hommes sont plus dangereux que les bêtes parfois. »

Sur ce il se tut, bien décidé à continuer à marcher en silence, déjà contrarié d'avoir parlé aussi longtemps à un inconnu qu'il ne reverrait jamais et avec lequel son seul intérêt avait déjà fait l'objet d'un échange qu'il conclurait le lendemain matin.
Pourquoi se souciait-il de lui donner des conseils ? Parce-qu'il avait visiblement subi un traumatisme dans son enfance et que cela le touchait malgré lui ? Mais même s'il était plus jeune que lui et semblait aussi fragile qu'un enfant il ne l'était plus, il devait avoir au moins vingt ans, l'âge auquel un homme ne tolère plus qu'on le prenne pour un enfant. Il haussa légèrement les épaules pour lui-même. Il avait parlé, maintenant cette discussion appartenait au passé et il devait se concentrer sur l'avenir.
Cependant il semblait que pour le jeune homme une conversation soit encore utile. Il lui concéda qu'il venait de lui arracher un de ses rares sourires en posant sa question, et il aurait même pu en rire s'il avait été dans un bon jour.

« Ai-je l'air de quelqu'un qui parle à n'importe qui ? demanda-t-il.
J'ai rencontré dans les bois un jeune homme au passé douloureux et qui dessine comme un artiste, qui m'a donné une pierre de ciel en échange d'une escorte jusqu'à une route, à qui voulez-vous que je raconte cette histoire à part à ma fille ? »

Il se rendit compte qu'il avait parlé de Katia alors que jusque là il n'avait jamais confirmé avoir une fille. Peut-être l'avait-il fait parce-que le jeune homme lui avait montré un secret bien plus compromettant. Enfin après tout ce n'était pas si grave, tout le monde dans le village savait qu'il avait une adorable fille, d'ailleurs c'était plutôt le contraire, songea-t-il avec amusement, tout le monde dans le village savait que cette adorable petite fille avait un père … sauvage.
Il aurait préféré se taire à ce sujet, mais ce qui était fait ne changerait pas, il fallait qu'il se concentre sur ce qui restait à faire encore une fois.


Ileivàn Estebrièn.
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Nous repartons. Bientôt nous trouverons un chemin, bientôt je me séparerais de cet ours mal léché, bientôt je retrouverais la civilisation, bientôt...enfin il y avait encore du chemin en compagnie de cet homme. J'avais vérifié en scannant le secteur même si j'avais posé la question à mon pseudo guide et il restait un bon bout de chemin avant de voir la sortie... Heureusement qu'il ne parlait pas beaucoup c'était un avantage ...quoi que non je retire ce que j'ai dit. Une montée de bavardage le pris sans aucune raison ! Est ce parce qu'il a pitié de moi ? Je déteste cela !Attend ! quoi!? On va passer la nuit ensemble !? Côte à côte ! sous la belle étoile !? Il manquerait plus que ça que je donne mon argent à des inconnus seulement pour ma sécurité ! Je peux me débrouiller seul ! Puis, je m'arrêtai devant cette insulte, trop choqué pour continuer d'avancer. Mais je le rattrapai d'un pas vif, pas vraiment content.

-Je n'ai pas besoin de vous pour me faire remarquer que les hommes sont pires que des bêtes ! Je le sais depuis longtemps ! Et ...Je ne suis pas un gamin ! J'ai 27 ans et je vous rappelle que j'élève seul mon frère ! même si l'histoire de la forêt ne la pas démontré...Je peux me débrouiller seul je l'ai fait jusqu’à que vous me trouvez !Votre meilleur allié c'est vous même !

Non mais pour qui il se prenait ? Pour mon sauveur? Certe, il m'avait sauvé et aidé...Mais il avait aussi voulu me tuer si je me souviens bien et m'attacher pour me laisser seul dans la forêt alors ses commentaires il peut se les garder ! je t'en foutrais moi ! Je sais que je parais jeune, d'ailleurs c'est un complexe...

-Vous savez quoi si vous pensez que je ne peux pas avancer seul, vous avez qu'a m'accompagner jusqu'au prochain village ! c'est hypocrite de me donner des conseilles puis de me laisser seul sur le chemin pour que je tombe sur des inconnus dont je ne connais rien !

Nooonnn! mais qu'est-ce que j'ai dit dans ma fureur?! Refuse géant des forêt ! tu ne m'aimes pas alors envois moi une phrase sifflante qui me renvoie sur mes lauriers ! je n'ai pas envie de finir le chemin avec toi...quoi qu'au moins il fallait bien se l'avouer je n''aurais plus de problème. Il n'est vraiment pas question que je parle à d'autre personne du continent ! Bon voilà autre chose! Maintenant il se moque de mes inquiétudes ! Grrr je crois que je le hais ! Enfin au moins je peux l'utiliser pour sortir de cette forêt ...mais il me prend pour un gosse déjanté! Maudit soit il ! Cependant ses derniers mots me firent sourire. Mon sens de l'observation ne m'avait pas trompé ! Il élevait donc sa fille seul et son sale caractère ainsi que son air de solitaire renfrogné détestant le monde devait être dû à la perte d'un être cher, sa femme...certes il avait souffert, mais ce n'était pas pour ça qu'il fallait traiter les inconnus aussi sauvagement !

- Non...ne racontez même pas à votre fille notre rencontre ! Les enfants ça parlent ! Je ne veux pas qu'elle soit mêlée à cela ! d'accord !?


Puis j'essayai d'avancer à grands pas pour garder plus ou moins mes distances avec lui même si avec ces grandes jambes j'étais un peu désavantagé !
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Bien sûr le jeune homme perturbé réagit de la façon la plus logique, en tempêtant et affirmant qu'il savait déjà tout ce qu'il venait de lui dire. Ileivàn n'y prêta aucune attention, cependant il retint l'information qui lui fut donnée et qu'il n'avait pas obtenue auparavant, l'âge du voyageur. Un âge qui l'étonna à tel point qu'il se retourna pour l'observer. Vingt-sept ans ? Comment cet homme pouvait-il avoir deux ans de plus que lui ?
Il en paraissait une vingtaine tout au plus, certainement pas l'âge d'avoir femme et enfants. Son apparence était étrange, certes, ses yeux avaient une forme qu'il n'avait jamais vue, et il était assez fin par rapport aux hommes qui vivaient dans la région, mais tout de même il était impensable qu'il soit aussi âgé.
Après réflexion il supposa que c'était encore une de ses « croyances » farfelues, comme celle d'être poursuivi par des hommes qui pourraient l'entendre dire des secrets à des kilomètres à la ronde ou celle qu'il pouvait exister des constructions aussi bizarres sans que personne n'en ait jamais entendu parler.

Une fois l'incohérence de son âge mise de côté, il fut stupéfait par ce que son emportement le conduisit à dire. L'accompagner jusqu'au prochain village ? Et puis quoi encore ? Il lui avait parlé de sa fille sans le vouloir et il croyait qu'il allait le privilégier par rapport à elle ? Enfin il supposait que c'était seulement la colère qui lui faisait dire cela, et il se contenta de hausser les épaules et de reprendre son chemin. Il n'avait pas besoin de répondre quoi que ce soit, l'homme ne lui avait posé aucune question après tout.

Sa demande concernant sa fille lui arracha un sourire amusé, ce qui était un exploit même si son amusement relevait d'un certain cynisme.

« Comme je l'ai dit c'est une histoire, un conte pour enfant que personne ne croira. Elle dira peut-être que son père lui a raconté une histoire, avec ce qu'elle en aura retenu, en la transformant avec sa perception d'enfant. Je lui demanderai seulement de ne pas parler du dessin, que ce doit rester notre secret, et elle le respectera, elle adore avoir des secrets que seul son père partage. » fit-il remarquer avec une expression attendrie.

Des secrets ils en partageaient souvent, il trouvait important qu'elle apprenne à garder ce genre de chose, car quand il lui raconterait toute l'histoire qu'elle n'avait pu comprendre jusque là car trop jeune il faudrait qu'elle en taise certaines parties. Ne serait-ce que son nom, tout le monde l'appelait Esteban et un jour ou l'autre elle penserait que leur nom de famille était Brièn, alors qu'il n'en était rien.
Il ralentit un peu le pas, conscient que le jeune citadin ne le suivrait pas si facilement dans cet enchevêtrement de végétation, ces sols irréguliers formés de pierres, de racines, d'anciens terriers et de pièges pour les hommes n'étant pas habitués à les prévoir.


Ileivàn Estebrièn.
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Il est vrai que je n'étais pas habitué à toute cette végétation. J'aimai me promener dans les parcs de la cité mais la végétation était ordonnée, sans piège pour l'homme. Mais, je n'avais pas des yeux ordinaires, mes implants analysaient chaque images me donnant toutes les informations du terrain. Alors je me déplaçais pour l'instant avec une facilité déconcertante. Cependant mes yeux se fatiguaient plus vite et rapidement j'ai eu une nouvelle fois mal à la tête. Je ne pouvais pas annuler ses analyses simples. C’était intuitif !

La perception des enfants...peut-être mais je n'avais tout de même pas confiance. Je devais quand même avouer qu'il était plus difficile d'écouter les histoires d'une enfant puis de les prendre comme simple invention enfantine. De toute façon quand on se séparera, il pourra dire ce qu'il veut je ne serais plus là, pour vérifier qu'il ne dise rien de particulier. Alors je restai silencieux, me massant de temps en temps le front pour chasser la migraine. C'est un peu insatisfaisant comme principe. Si c'est une réalité virtuelle ils auraient pu faire comme si j'avais retrouvé ma vue ! Avoir des implants qui marchent quand ils le souhaitent et qui me donnent mal à la tête c'est vraiment désagréable. Et le pire c'est que je peux à nouveau être aveugle...Je ne l'ai été que quelques semaines...et je n'aimerais pas le redevenir...vraiment pas...je perdrais énormément ! Vous imaginez le dessin sans pouvoir voir ! Bref ils ne sont pas au point de ce côté la ! S'il y a une notation je leur dirais de revoir les programmes pour les sens !Surtout le vue !

Le reste du trajet se fit en silence. Je n'avais pas intérêt à parler davantage concentrer à ne pas perdre la vue une nouvelle fois et donc à essayer de faire le moins d'effort visuelle possible. Je supposai que le grand gaillard n'était pas du genre bavard non plus. En plus nous n'avons pas grand chose en commun et il me prenait pour un gamin complètement barge et moi pour un ours des cavernes ! Du coup il n'y avait pas trop de raisons de discuter. La température baissait au fur et à mesure que le jour finissait. Comme mon guide l'avait prédis nous arrivons à un sentier. Visible, il semblait être souvent pris par des voyageurs, peut être des gamers aussi... Je m'arrêtai , ma main passa sur mes paupières puis dans mes cheveux.

-On s’arrête ici pour la nuit?

Demandais-je. Il y avait pas trop d'espace, mais est ce qu'il y aurait un endroit où il y aura plus d'espace? J'espère qu'on ne va pas dormir dans les arbres ! je ne pourrais pas ! vraiment pas! Je posai mon sac au sol et je décidai de poser mes fesses . Pas que je sois vraiment fatigué mais la luminosité baissait et mes yeux s'adaptant à ses changements se fatiguaient d'avantage. Je fermais les yeux, c'était mieux même si des images de la journée semblaient défiler. Cette nuit va être comique, je le sens...déjà j'espère ne pas faire de cauchemars...quoi que cela m'étonnerais que je dorme, bien que je n'ai pas trop dormis la nuit dernière sur mon perchoir , alors peut être...trop fatigué je vais plonger dans les songes...
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Quand l'homme lui demanda s'ils s'arrêtaient à cet endroit Ileivàn agita la tête en signe négatif.

« Plus loin. » ajouta-t-il simplement.

Cet espace n'était pas assez dégagé, les arbres n'étaient pas comme il le fallait, et il y avait une piste de sanglier non loin. Bien sûr un sanglier n'avait généralement aucune raison de s'en prendre aux hommes, mais pour peu qu'il soit poursuivi par un prédateur il risquerait de leur foncer dessus et de les piétiner, ce qui pour un sanglier mâle adulte pouvait aller jusqu'à leur briser des os.
S'il avait été en terrain inconnu il se serait peut-être arrêté à quelques mètres de là, ne sachant s'il trouverait mieux et voulant profiter plus longtemps de la lumière du jour, mais il était certain de trouver un espace plus accueillant un peu plus loin, aussi n'hésitait-il pas.
Il ne regarda pas si le gamin prétendument adulte le suivait. S'il ne le faisait pas il ne pourrait pas se plaindre, quant à lui il était déjà payé et n'irait pas le chercher s'il ne tenait pas compte de ses directives.

« Là. » indiqua-t-il devant un espace d'environ 25m², environné d'abord d'arbrisseaux puis d'arbres de taille croissante au fur et à mesure qu'ils s'éloignaient de la zone aménagée.
Ils avaient tourné quelques instants plus tôt vers une petite piste, encore plus étroite que celle qu'ils suivaient, et cette piste les avait conduits là.
Avant de poser ses affaires il inspecta l'herbe soigneusement, mètre carré par mètre carré, puis les arbres, cognant dedans avec le bout ferré du manche de son plus gros couteau. Une fois satisfait il trancha différentes branches et les déposa près du tas de branches éparpillées sur le sol.

« Vous êtes un citadin, je suppose que vous ne connaissez pas les traditions pour ce genre d'endroit ? » interrogea-t-il en rassemblant ce qui semblait devoir être l'amorce d'un feu.

Non, aucune raison qu'il les connaisse, songea-t-il en faisant démarrer le feu après y avoir ajouté du combustible. Un type comme lui ne pouvait pas les connaître, il était sans doute plus au fait des connaissances à avoir pour fuir en ville.
Des étincelles jaillirent, lui occasionnant une certaine satisfaction, puis quelques petites flammes léchèrent le bois. Il déplaça habilement quelques fines branches, souffla doucement, et bientôt les flammes furent plus vives, son feu étant désormais assuré tant qu'il ne pleuvrait pas. Il leva la tête, observant le ciel. Il faisait encore jour mais la luminosité baissait et si elle n'avait pas été cachée par les arbres ils auraient pu voir la première étoile. Il n'y avait que quelques nuages blancs, il ne pleuvrait pas avant un moment.
Il ouvrit à nouveau son sac, en sortit une bourse de cuir, qu'il délia avec précaution. Cela fait il y prit une pincée de poudre brunâtre, qu'il jeta dans le feu. Il fit quelques étincelles mauves avant de reprendre sa couleur normale tandis qu'une odeur proche d'un mélange entre thym et citronnelle se diffusait.
Il inspira profondément, relâcha doucement son souffle puis retira sa veste et l'installa sur le sol pour s'allonger confortablement, y posant la tête.


Ileivàn Estebrièn.
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Bien sûr que je le suivis, qu'est-ce que je pouvais faire d'autre ! cueillir des pâquerettes ? Il y en avait pas ...dommage j'aurais fait une couronne de fleur...Je l'observai inspecter les lieux laissant mes pensées vagabonder justement sur cette couronne de fleur que j'aurai pu faire si j'avais trouvé de belles fleurs. La partie où il cognait les arbres me parut étrange

- Pourquoi faite vous cela?

Demandais je en désignant son couteau puis, je l'observai préparer le feu, je comprenais bien ce qu'il faisait , au cours de ma formation dans l'ordre de Mazan on avait eu quelques cours de survis, mais il était tellement plus simple d'allumer du feu avec un briquet qu'on oubliait vite la technique.

-Quel tradition ?

Interrogeais-je de nouveau curieux. Parlait-il d'arriver à faire le feu? Je m'approchai doucement du foyer, les flammes mordant le bois, étaient une scène assez captivante. les couleurs du feu semblent danser . Je posais mes affaires et je m'installai ne réussissant pas à détacher mon regard de ses flammes j'en oubliai de cligner des yeux. Je sursautai aux changements de couleur me rendant compte qu'il y avait mis quelque chose, je plaquai rapidement mes mains sur le nez prenant peur. S'il essayait de m'endormir avec je ne sais quel pratique ? Je savais que la médecine pouvait se pratiquer à l'odeur mais le poison aussi. Je me redressais et je reculais pour me maintenir éloigné

- qu'avez vous jeté dedans ?

Ma voix était calme mais peut-être pouvait on distinguer un brin d'inquiétude, bon vu son air normal et son désire de se reposer il était à supposer que c'était quelque effet pour se calmer et s'aider à se reposer ! mais justement dans un endroit si dangereux...est-ce raisonnable de se détendre ! il pourrait très bien se reposer une fois chez lui ! mais pas en pleine forêt ! ou alors c'est à son tour de se reposer et c'est à moi de monter la garde...mais il pourait avertir ! c'est peut-être un de ses traditions dont il parlait !?
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Il l'observa un bref instant à la suite de sa question concernant les arbres, puis se concentra à nouveau sur sa tâche.

« Serpents et autres bestioles. Je les dérange pour qu'ils se montrent s'ils sont là. Bien sûr cogner dedans ne suffit pas, il faut avoir l’œil exercé et savoir quels signes déceler. » répondit-il.

Au début, après avoir quitté l'armée, il ne connaissait pas cette technique. Il se contentait d'observer les alentours soigneusement, mais sans les déranger certains animaux étaient bien trop doués pour se cacher. Plusieurs nuits il ne s'était rien passé, mais une autre, alors qu'il était si fatigué qu'il dormait d'un sommeil profond, Katia avait remué et l'avait appelé. Elle lui avait dit que quelque chose de froid remontait sur son bras et que ça la dérangeait. Il avait compris aussitôt. Il s'était fait mordre mais Katia était sauve et c'était tout ce qui comptait. Heureusement ce n'était pas un venin mortel et son organisme solide avait tenu le choc, mais durant deux jours il s'était senti vaciller et ils avaient dû s'arrêter dans un village. Là on lui avait appris cette façon de faire, et d'autres éléments utiles à savoir quand on s'apprêtait à dormir dans les bois.

« Oh, et ne vous avisez pas de faire ça si vous n'êtes pas prêt à les recevoir. » ajouta-t-il après réflexion.

La plupart des serpents partaient si on faisait trop de bruit et manifestait une trop grande intention de s'installer, ils n'allaient pas forcément très loin mais cela suffisait, d'autres en revanche attaquaient dès qu'ils se savaient découverts, ainsi que certains animaux effroyables se cachant dans les arbres.

« C'est une halte, un endroit pour les chasseurs et ceux qui doivent arpenter les bois pour d'autres raisons. Vous pouvez le voir à la forme de l'espace dégagé, aux arbres coupés, aux branches sur le sol, et il reste une infime trace d'un ancien feu. Personne n'a dû venir depuis au moins trois mois...
Quoi qu'il en soit chaque personne qui reste ici doit faire en sorte de rendre autant ou plus de bois qu'elle n'en a pris, de ne rien laisser qui pourrait attirer des animaux dangereux et d'entretenir l'espace. Ce n'est pas compliqué, mais il faut le faire, sinon la halte va devenir inutilisable rapidement.
Bien sûr par ici la plupart ne sont entretenues que par moi... Heureusement. Mais si vous arrivez épuisé, blessé ou malade dans une halte et que vous y trouvez ce qu'il vous faut vous comprendrez à quel point c'est important d'y veiller.
 » expliqua-t-il lorsqu'il lui demanda pour les traditions.

Il semblait que le jeune homme ne tarisse jamais de questions ce soir. Pourtant Ileivàn y répondit encore, et sans le moindre signe d'impatience. Non parce-qu'il appréciait la compagnie, il aurait préféré être seul pour ne pas s'inquiéter d'un danger de plus, mais il trouvait légitime cette nouvelle question.

« Un mélange d'herbes. répondit-il sans se redresser ni ouvrir les yeux.
Ça éloigne les insectes et c'est insoutenable pour certains nuisibles. Ça dure deux ou trois heures selon le vent, ensuite soit ils reviennent soit on a un peu de chance... A moins que quelqu'un se réveille et n'en remette. »

Lui se réveillait régulièrement dans les bois, comme beaucoup d'hommes. Les dangers n'étaient jamais très loin. Il ne dormait d'une traite que chez lui, et encore, rarement la première nuit. Mais souvent la première nuit Katia venait se blottir contre lui et quand il se réveillait il avait le bonheur de la savoir auprès de lui. Il pensa encore à elle, à l'émerveillement qu'elle aurait quand il lui raconterait l'histoire de l'homme des bois lui ayant donné une pierre de ciel pour qu'il l'escorte.


Ileivàn Estebrièn.
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Je fut satisfait des réponses données et je m'empressai d'enregistrer les informations à propos du camp au cas ou  je retomberais sur un de ce genre. je fut aussi rassuré pour les herbes alors je revient près du feu libérant mon nez et me replongeant avec admiration dans la contemplation des flammes. C'est pour ce genre de beauté qu'il est agréable de voir.   Le géant n'avait pas l'air de vouloir parler alors je n'avait aucune intention de le faire. Je repensai à mon frère, me demandant ou est ce qu'il était, s'il était à l’abri avec les parents de son ami... J'aurai peut être du rester avec eux mais je sait qu'au bout d'un moment j’aurai été intenable, insupportable.

Au bout d'un moment je somnola assis je sentait parfois ma tête chuter ce qui me faisait me redresser , pas question que je me couche par terre ou que je m'endorme ici ! on sait jamais ce qui pouvait arriver et puis l'homme n'avait pas dit que la poudre arrêtait de faire effet au bout de deux trois heures ! il faudrait en remettre a se moment là ! bon l'autre avait l'air d'être un homme des foret mais tout de même, il avait faillit me tuer à plusieurs reprises alors il n'était pas question que je lui fasse confiance...et puis les bruits de la nuit n'était pas très rassurant...pas du tout ! Je fouillai dans mon sac si j'avais une couverture car il commençait à faire froid mais n'ayant pas penser à ce genre de situation je n'avait pris que le stricte minimum et puis je n'avais plus de nourriture, je soupirai ...vivement que je rentre à la cité, dans le confort de la modernité ...un bon bain plongé dans des images rassurantes et calmante .... J'observai l'autre homme qui avait l'air d'être le plus à l'aise au monde. Je me recroquevillai un peu sur place posant mon menton sur mes genoux et croisant mes bras. Dans ma tête je ressassa plusieurs fois la phrase avant d'oser la dire

-Vous...Vous aurez pas une couverture ...par hasard ?

je ne savais pas s'il en aurait une ou même s'il allait m'en donner pour la nuit...après tout il n'avait pas l'air de m'apprécier même si de la haine c'est passé à de la pitié ...et je devais bien avouer qu'après ses deux journées dans se milieu hostile que je ne connaissais pas il devait faire pitié...
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Ileivàn resta encore quelques minutes allongé, appréciant ce moment de calme, puis il se redressa doucement.
Il prit de quoi se restaurer dans son sac, un repas assez léger pour le soir mais il ne dormait jamais le ventre vide quand il pouvait l'éviter, sachant qu'à tout moment il pourrait être obligé d'interrompre son repos pour se battre ou quitter les environs d'une créature dangereuse. Une épaisse tranche de pain et un petit morceau de viande séchée avec de l'eau fraîche lui suffirent.

« Vous avez faim ? » demanda-t-il ensuite, émettant l'hypothèse qu'il n'avait plus rien en voyant qu'il ne mangeait pas et supposant qu'il n'oserait pas lui demander de nourriture.

Il était prêt à la partager, il n'en avait pas encore pour des jours mais suffisamment tout de même pour ne pas s'inquiéter jusqu'à son retour.
En tout cas le jeune homme semblait épuisé, il dormait pratiquement assis. En l'entendant lui demander une couverture il fut presque touché par cet être fragile et inadapté à cette forêt sauvage, perdu au milieu de nulle part selon ses critères sans doute, qui devait certainement prendre sur lui pour demander une couverture à un inconnu qui devait lui sembler bien barbare.
Il hésita un instant, puis lui se leva et déposa son épaisse veste près de lui.

« Vous pouvez la garder pour cette nuit. » indiqua-t-il en retournant à sa place initiale.

Ses vêtements étaient suffisamment chauds pour une nuit comme celle-ci et il se servirait de son sac pour poser sa tête. Vu le gabarit du gamin s'il l'enfilait elle serait vraiment trop grande mais elle le couvrirait d'autant mieux. Sinon il pourrait s'en servir pour s'isoler du sol et s'enrouler à moitié dedans... Cela lui importait peu du moment que son partage était apprécié.
Ileivàn était devenu peu sociable voire franchement misanthrope, mais pour autant quand il se montrait ne serait-ce qu'un peu généreux il espérait que son geste soit apprécié, et le contraire risquait fort de le contrarier et de le conforter dans l'idée que les hommes n'étaient que des créatures infréquentables.
Il ne s'occupa pas plus longtemps de son compagnon de voyage et arrangea son sac, en retirant ce qui le gênerait s'il y posait la tête. Puis il se leva encore une fois pour approcher un peu de bois du feu et laissa en évidence le sac contenant la poudre répulsive.

« Si vous avez froid vous pouvez remettre du bois, si vous avez des problèmes d'insectes une bonne pincée suffira. Pas plus de toutes les deux ou trois heures, sinon ça peut devenir toxique. » expliqua-t-il.

Sur ce il se prépara une bonne place, retirant soigneusement pierres et brindilles sur une surface suffisante après avoir repéré un endroit à peu près plat, se cala confortablement et ferma les yeux. Il n'allait pas s'endormir avant une bonne demi-heure mais au moins il se reposerait et tout moment de repos dans ces conditions ne pouvait qu'améliorer les chances de survie.


Ileivàn Estebrièn.
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A sa proposition j'ai eu l'impression que mon ventre répondait à ma place " Oui donnez-moi à manger s'il vous plait !"Même si on pouvait surtout entendre "Grouiigrrr" alors je hochai simplement la tête ne pouvant pas refuser de me rassasier. Même si je ne savais pas d’où venait la nourriture. Elle a pu trainer dans des endroits sales ou n’être plus fraîche depuis des jours.

Il devait être dans sa bonté du soir, ou on l'avait frappé trop fort sur la tête! Ou alors mieux on avait échangé son esprit ! Je devais le regarder avec étonnement et encore heureux que je ne fusse pas du genre à ouvrir ma bouche de surprise. Je pris doucement la veste. J'avais un léger doute si elle avait été lavée récemment et l'odeur devait venir de je ne sais quel animaux mort. Mais je ne suis pas un monstre j'apprécie le geste grandement alors je vais faire un effort, me boucher le nez, ne pas imaginer que je me roule dans un vêtement qui ne m'appartient pas et qui a été porté je ne sais combien de fois !

-Merci beaucoup...c'est gentil de votre part !

Réussis-je à dire après un léger effort. J'installais ensuite avec beaucoup de soin et d'attention la veste pour que je puisse me faire un nie le plus douillet possible. Pour ne pas finir la journée sur une note désagréable je me dis que je dois sortir quelques mots.

-D'accord…Et…Euh…désolé que notre rencontre soit si chaotique…

C’était la moindre des choses à dire pour essayer de repartir sur des bases saines. Non en fait ne nous arriverons jamais à avoir des bases saines. Je le prends pour un ours des montagnes et il me prend pour un pauvre fou. A partir de là on peut imaginer qu’il est difficile de s’entendre. Mais je peux comprendre que se prendre la tête avec un inconnu cela fatigue. Cela me fatigue en premier alors il est normal que je m’excuse pour cela.
J’avais retenu ce qu’il avait dit aussi je pouvais me reposer un peu en surveillant le feu recroqueviller dans ce petit lit de fortune. Je n’étais pas tranquille mais étrangement la chaleur et l’odeur de la veste semblait m’apaiser.
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Il partagea généreusement ses réserves, sachant qu'il rentrerait bientôt et considérant que l'étranger l'avait payé de façon largement suffisante pour avoir le droit à une bonne part de nourriture. Bien sûr il s'était greffé à son expédition de chasse et ne pouvait s'attendre à ce qu'il ait prévu quoi que ce soit pour lui dans son paquetage, mais Ileivàn ne mourait pas de faim tandis que le gamin risquait de ne pas manger convenablement avant quelques temps.
Il se surprit de s'inquiéter de cela mais le mit sur le compte de son salaire reçu par avance et supposa donc qu'il se souciait seulement de faire son travail correctement.
A première vue ce n'était pas une question de réputation, il n'avait aucunement l'intention de se reconvertir en guide pour voyageurs égarés, mais à bien y réfléchir elle était malgré tout en jeu.
Car si ce n'était pas dans ce domaine particulier il n'en restait pas moins qu'il tenait à respecter sa parole et à honorer ses contrats pour conserver une bonne réputation. S'il n'avait plus foi en l'Homme il savait cependant qu'une bonne réputation pouvait ouvrir des portes, et qu'une mauvaise était pire que tout car non seulement elle en fermait mais en plus elle pouvait avoir de terribles répercutions dans différents domaines, encore plus pour un homme élevant seul une fillette ressemblant bien plus à sa défunte mère.
Il fallait donc qu'il honore chacun de ses contrats de la meilleure manière possible, ainsi personne ne lui chercherait querelle et il pourrait peut-être avoir quelques primes si on l'imaginait capable de s'acquitter de tâches plus importantes que la traque de gibier et la recherche de fourrures coûteuses.

Au moins il appréciait son geste, Ileivàn hocha la tête comme pour lui dire qu'il acceptait ses remerciements et qu'il savait qu'ils étaient justifiés. Non seulement il se privait d'un objet de confort mais en plus il prenait le risque qu'il s'en aille avec, et de tels vêtements coûtaient cher, en ressources comme en main d’œuvre, il lui faudrait du temps pour le remplacer s'il venait à manquer, et généralement c'était Katia qui avait la priorité sur l'habillement, il refusait qu'elle porte de mauvais vêtements et encore plus pour aller en ville, là où on pourrait la juger durement malgré son âge. Il s'assurait qu'elle soit polie, propre et bien habillée quand il l'emmenait chez sa gardienne, et que son sac contienne les affaires nécessaires pour son séjour.
Au début s'occuper d'une enfant seul lui avait posé plusieurs problèmes techniques, il n'avait jamais eu une éducation portée sur ce qui pouvait tourner autour des bambins, mais à force d'oublis et de petites erreurs il avait fini par acquérir les connaissances nécessaires à son rôle.

Il observa le jeune homme pendant qu'il s'installait. On pouvait en apprendre beaucoup sur les gens en les observant, surtout dans les gestes qu'ils ne maîtrisaient pas ou dont ils n'avaient pas conscience, dans les réflexes qu'ils ne pouvaient contrôler. Ses manières étaient celles d'un citadin, ce qui ne lui apprenait rien, mais plus encore de quelqu'un qui avait besoin d'approcher la perfection dans des choses qui n'en demandaient pas tant. Mais au moins il prenait soin de son vêtement et c'était finalement ce qui lui importait, puisqu'ils n'étaient pas amenés à se revoir.
Il s'étonna en revanche de ses derniers mots. Chaotique ? Il ne l'aurait pas jugée de cette manière, ce n'était pas comme s'ils avaient prévu de se rencontrer et qu'ils avaient eus des ennuis sur la route. Enfin il y avait bien eu la goulauke, mais ce n'était pas dû au jeune homme ni à leur rencontre, leur présence l'avait certes encouragée à attaquer, peut-être que la proie faible que représentait le gamin l'avait encore plus décidée, mais pour le reste ce n'était pas la notion de chaos qui lui semblait la plus appropriée.
Non, ce qui avait choqué Ileivàn et avait fait de cette rencontre quelque chose de désagréable c'était le mensonge perpétuel dans lequel s'était enveloppé l'homme au point qu'il se demande quel genre de créature il pouvait être. Par ses mensonges il l'avait pris pour un idiot capable d'avaler n'importe quoi sans déduire quoi que ce soit de ce qu'il entendait ou constatait.
Il ne lui en voulait pas de l'avoir fait spontanément, les gens avaient tendance à penser que l'intelligence et les muscles devaient former une somme fixe pour tous les individus et qu'en voyant un homme fort ils pouvaient en déduire qu'il ne restait pas beaucoup de chiffres pour l'intelligence.
Mais si dans beaucoup de cas on pouvait se dire qu'effectivement un homme avait choisi un travail physique parce-qu'il n'avait pas les capacités intellectuelles de faire autre chose, cela ne voulait pas dire qu'on pouvait en faire une généralité. Sans parler du cas exceptionnel d'Ileivàn bien des hommes choisissaient un travail physique non seulement pour perpétuer la tradition familiale mais aussi par manque de moyens financiers pour étudier d'autres domaines, aussi rentables soient-ils.
Ileivàn avait eu la chance d'avoir l'éducation qu'un riche bourgeois pouvait offrir à ses enfants et d'avoir un intellect suffisamment développé pour en profiter, mais il avait autrefois rencontré des hommes plus intelligents que lui qui auraient amplement mérité d'étudier au moins autant que lui.
Hélas la vie offrait aléatoirement les cartes de départ, et chacun ne pouvait être aussi bien servi que lui, même si finalement il se retrouvait tristement veuf à 25 ans et doté d'une opinion déplorable de l'humanité en dehors de quelques exceptions.
Ce qui le choquait tant n'était donc pas que l'homme l'ait pris pour un idiot au premier abord, mais qu'il ait persisté et se soit enfoncé au lieu d'admettre immédiatement ses torts.
Et tant qu'à être désolé, il aurait selon lui dû parler de ces mensonges, pas d'un hypothétique chaos qui n'avait pas plus marqué leur rencontre que celle de n'importe quels inconnus dans un environnement hostile.
Cependant il n'en dit rien. Il avait bien compris que Ryuuk était perturbé mentalement par un traumatisme survenu dans son enfance et il ne voulait pas enfoncer le clou. Même s'il n'avait plus confiance en l'humanité et la fuyait il restait capable, quand il le pensait préférable pour avoir la paix, de comprendre certaines difficultés des hommes les poussant à agir d'une façon qu'il réprouvait mais qui n'avait pas d'incidence sur sa sécurité ou celle de sa fille.

« L'important c'est que les choses soient rentrées dans l'ordre et que vous puissiez retrouver votre chemin. » déclara-t-il en conclusion.

Surtout qu'il retrouve son chemin et s'éloigne en fait, les gens du village suffisaient largement dans les parages, pas besoin d'ajouter un homme traumatisé et mythomane qui pourrait attirer des créatures indésirables.
Il pensa à ce qu'il pourrait acheter avec la pierre donnée en paiement, et songea que, finalement, cette rencontre n'était pas si négative que ça.


Ileivàn Estebrièn.
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